Dole, mai 2020

Est-ce que Dole sera la dernière résidence avant longtemps ? Le dernier atelier tant que la pandémie ne sera pas finie ? En tout cas, cette résidence touche à sa fin, encore plus accaparante pour l’esprit que si elle avait continué à se dérouler comme prévu.

En temps normal, le temps est bien compartimenté, délimité.

En pandémie, il est flou et vague. Il s’étire, il te bouffe. Les moments se superposent.

J’attends encore les derniers textes audios des retardataires. On pourrait croire que ces élèves s’en moquent et, pourtant, je me mets à leur place. Je vois bien à quel point c’est compliqué de poursuivre l’échange quand on ne se voit pas, d’essayer de se motiver et de continuer. Pas pour tous, mais pour certains et ça suffit de se dire que, pour eux, c’est un souci.

Les nouvelles technologies m’ont bien aidée pour cette dernière partie de résidence. Sans elles, tout aurait été prématurément fini. Mais elles ne remplacent pas les contacts humains, les regards, les mouvements des corps, la réaction immédiate même contrôlée de celui qui te regarde, qui t’écoute. Plus que jamais, je me dis que si on réfléchit à de nouvelles formes d’enseignement, il faudra savoir garder à leur place les écrans et tous les gadgets qu’on voudrait voir se généraliser à l’école. Malheureusement, je ne suis pas naïve et je ne suis pas sûre qu’on remette en cause ce qui a été lancé.

En attendant, il me tarde de pouvoir mettre en ligne les histoires des collégiens de Tavaux et de Damparis. Traces de ce qui a eu lieu.